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La Capoeira, une danse sportive ?

Dernière mise à jour : 23 août 2022


Jeu, culture, chant et combat, la Capoeira s'est créée depuis plus d'un siècle grâce des origines africaine. De l'Afrique à l'Afrique du Sud, cette discipline s'est de nombreuses fois métamorphosée pour s'inscrire dans le temps. Victime de préjugés (concernant l'aspect de la danse) au même titre que d'autres disciplines confidentielles, la Capoeira se veut un sport comprenant un vaste univers. Entré dans la vaste rode de la Capoeira.


La Capoeira, une histoire de résistance face à l’esclavage


Les chaînes de la prison aux pieds des soumis. Dans une période d’esclavagisme, les déportations de personnes noires africaines étaient nombreuses de l’Afrique vers le Brésil, au XVIème siècle. Les colons portugais ont voulu éparpiller les esclaves en les séparant et mélangeant avec d’autres ethnies. Ils ont établi un stratagème de séparation afin d’éviter toutes formes de révolté de la part des oppressés. Cependant, ses derniers ont trouvé un moyen de s’émanciper grâce à leur culture. C’est avec la Capoeira que les esclaves ont trouvée la solution pour accéder à la liberté.


Les esclaves ont construit la Capoeira. Ils ont fait un mélange des coutumes africaines pour fonder cette discipline. Elle a pris racine avec la combinaison de techniques de combat. D’ailleurs, la Capoeira est assimilée à la danse du Zèbre. Issue du Royaume du Kongo (Angola-Congo), cette pratique ancestrale d’Afrique combine la danse rituelle et le combat. Les esclaves exercent à la Capoeira en totale illégalité. Forme de violence et de révolte, la pratique est proscrite par les autorités brésiliennes. Les Quilombos ont défié les colons avec cet art martial.


Les Quilombos, la liberté avant tout ! Certains esclaves noirs ont réussi à se libérer de leur maître et à fonder une société sans soumission. Nommés “les Quilombos”, ils se sont réfugiés dans des lieux inaccessibles (généralement dans les forêts du Nord du Brésil) avec le but d’empêcher les colons d’y rentrer. D’ailleurs, il y a un héros légendaire qui a eu un fort impact dans le combat concernant l’abolition de l’esclavage. Zumbi, chef des Quilombos de Palmeras face aux colons néerlandais et portugais pendant une quinzaine d’années. Personnage important de l’émergence Capoeira, il s’est battu contre les oppresseurs avec de nombreux exploits sur le champ de bataille.


La danse, un camouflage de la dangerosité de la Capoeira


Un art martial, victime de représailles. Arrivé de l’Afrique, les esclaves s’entraînaient à la Capoeira entre eux avec de multiples techniques de coups de frappe (pied-poings) et d’esquive et de déplacement. Cependant, cet art martial a été jugé dangereuse par les maîtres et les autorités. Dans les Senzalas (endroit de vie des esclaves), ils devaient de tout se regrouper en cercle loin des regards. Au fur et à mesure, les esclaves ont trompé les surveillants en déguisant la Capoeira avec de la danse.


Le pouvoir de la danse pour dissimuler la Capoeira. Les esclaves n’ont jamais été déracinés de leur culture africaine. Au Brésil, ils ont réussi à préserver leurs sonorités. Pour continuer à faire cet art martial, la musique s’est avéré un vecteur important. Afin de tromper les maîtres des plantations, ils effectuaient des mouvements de combats en danse sur le rythme façonnés par les chants et instruments traditionnels. Voilà comment la Capoeira est devenue une « danse guerrière ».


La Capoeira décriée sur son aspect chorégraphique


“Ce n’est pas un sport de combat c’est une danse”, voilà une phrase très courante pour caractériser la Capoeira. La discipline est pointée en raison d’un manque de contact physique. En général, dans les sports d’art martial, on observe des coups réels comme au Taekwondo (coup de pied), MMA (mise au sol) ou à la Boxe (coup de poing). Le grand public perçoit un aspect artistique avec l’incorporation d’acrobaties spectaculaires. La présence de la musique n’avantage pas les critiques sur la pratique. De plus, les détracteurs discréditent la Capoeira concernant son utilisation inefficace dans la rue en cas d’agression à cause d’une dimension plus artistique que combatif. Des préjugés très discutables qui n’effacent pas.


Traduire la Capoeira seulement à la danse, c’est une méconnaissance de la discipline ! La pratique met en avant le jeu. Dans la rode ou ronde, deux caporeiristes exécutent des mouvements de combat pour dominer son vis-à-vis en suivant la cadence de la musique qui énonce le type de jeu : Angola (jeu lent), Regional (jeu modéré) São Bento Grande (jeu rapide). De façon abstrait, ils entament un dialogue corporel où l’un doit répondre à l’autre et réciproquement avec maîtrise et élégance. Chercher le contact physique n’est pas prédominant dans le jeu mais la confrontation peut amener au corps à corps ou à des gestes déséquilibrants (lutte, balayage ou ciseaux, etc.) tout dépend du niveau de grade ou de compétitivité. La Capoeira ne veut pas faire la gloire à la violence. Ce sport met en avant l’ambiance festive.


La Capoeira possède une histoire particulière. Elle a vivement fait part à la recherche de liberté face à l’esclavage. La danse a été l’élément important afin de cacher la Capoeira devant les maîtres de plantation. Cependant, cet art martial est sujet à discussion sur la confrontation physique éclipsée par les mouvements acrobatiques. Les coups réels ou la violence existent en Capoeira. D’ailleurs, à l’abolition de l'esclavage, les malfrats du Brésil utilisaient la Capoeira pour tuer. Grâce à la révolution de Maître Bimba, la pratique est passé d’une image de combat de rue à un art martial à part entier. Désormais, on sensible à la beauté du jeu dans une ambiance festive qu’à l'agressivité. Ce sport a construit sa culture par rapport aux éléments historiques à la quête d’émancipation.


Source :


https://bomdiabresil.com/qui-etait-zumbi-dos-palmares (Qui est Zumbi dos Palmares, Bomdiabresil)

https://www.cairn.info/revue-staps-2010-3-page-43.htm ( La capoeira : ni lutte, ni danse. Proposition de définition, Cairn.info)

https://www.tourisme-bresil.com/culture/capoeira ( La capoeira entre art et lutte, Tourimse-Bresil)




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