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L'univers temporel du sport 2/2


Pour approfondir le sujet, on a tenté d'expliquer le déroulement de 4 rencontres de disciplines différentes en mettant l'accent sur la temporalité. Une analyse très détaillée sur la possession du temps. On abordera aussi le comportement du sportif dans certains moments clés d'une rencontre.


La possession du temps


Psychologiquement, le temps est ressenti différemment. Effectivement, les sportifs peuvent subir ou dominer le temps par rapport à certaines circonstances de match. En fin de compte, le temps est un élément x qui dicte souvent le comportement à suivre des sportifs. Qu’on perd ou qu’on gagne dans un match, le temps possède un fort impact sur les intentions de jeu.


1) Ceux qui sont forts et qui mènent :



La saison 2010-2011, les Catalans règnent sur toute l'Europe avec notamment son 4e sacre en Ligue des Champions. Enmméné par un immense Lionel Messi, le Barça s'est illustré brillamment à cette période à l'image de la "Manita" contre le Real Madrid de Jose Mourinho. Lors de cette 13e journée de Ligue contre les Merengue au Camp Nou, la formation de Joseph Guardiola a donné une leçon de football en raison de son jeu de possession très impact et de la qualité technique impériale.


Les Blaugrana étaient confrontés à une équipe madrilène très pragmatique avec un jeu parfois engagé et très agressif dans un système en 4-2-3-1. Dans ce match, le Real va vivre 90 minutes en enfer en subissant la maîtrise barcelonaise. Les coéquipiers de Lionel Messi ont survolé la rencontre avec deux buts au bout de 20 minutes de jeu : Xabi (9') et Pedro (17'). En deuxième période, le Barça a aggravé l'écart avec notamment un doublé de David Villa. En possession du temps avec une totale maîtrise, les Barcelonais a torturé les Madrilènes inoffensifs qui ont traversé des longues minutes.


Dans cette grosse défaite, les hommes de Mourinho ont perdu leurs neufs avec des nombreuses fautes en fin de match. Ne voyant pas un éventuel retour au score, le Real a joué durement sur certaines actions sans l'intention de jouer ou de marquer. D'ailleurs, Sergio Ramos a écopé d'un carton rouge. Le temps n'était pas favorable au Real Madrid à cause de la force de frappe barcelonaise qui a dicté sa loi sur cette rencontre. Cette année, le Barça s'est offert le championnat avec 96 points récoltés.


2) Ceux qui sont forts et qui sont menés :



Chicago a dominé le début des années 10 avec 3 titres NHL dont un en 2010 contre les Flyers de Philadelphie (4-3) et face au Lightning de Tampa (4-2) en 2015. Lors de la finale de Stanley Cup 2013 contre les Boston Bruins, la formation, anciennement entraînée par Joël Quenneville, s'est engagée au TD Garden, dans le match 5, avec 3 victoires. Favoris dans cette rencontre à l'extérieur, les Blackhawks présentaient une belle armada pour soulever son sixième titre de son histoire. La franchise de l'Illinois dispose d'une ligne d'attaque comprenant les indéboulonnables, Patrick Kane, Jonathan Toews, Marian Hossa ou encore Bryan Bickell. En défense, Ducan Keith et Brent Seabrook stoppaient les offensives adverses devant la cage de Corey Crawford.


Les Blackhawks de Quenneville possédaient la capacité de gérer les évènements défavorables. Durant cette confrontation finale en 7 matchs face aux Bruins de Claude Julien, Chicago a eu de beaucoup d'adversités pour s'offrir des victoires dans des rencontres spectaculaires qui ont été décidées après prolongation, à l'image du match 1 (4-3) et 4 (6-5). Dans le match 6, les Bruins de Boston étaient sur le point d'égaliser dans cette série. À une minute et 17 secondes de la fin du match, la franchise du Massachusetts menait deux buts à un grâce à des réalisations de Chris Kelly (7') et Milan Lucic (54') contre une égalisation du capitaine Toews en deuxième période. Proche d'une défaite, les Blackhawks ont totalement renversé la situation en quelques minutes.


Le temps était à la faveur des Bruins mais la nouvelle égalisation de Chicago a rebattu les cartes. Ryan Bickell a permis à Chicago de revenir dans le match sur une assistance de Toews après une action initiée par Patrick Kane. Lors de la réalisation de Bickell, les Blackhawks ont mis sur le banc le portier Corey Crawford quelques instants en remplacement d'un joueur de champ pour créer un surnombre devant la cage adverse. Grâce à cette prise de risque de Joël Quenneville, Chicago a mis une pression offensive sur la défense de Boston. Les hommes de Claude Julien ont perdu confiance en leur force et subi le retour de la part de l'adversaire.


En quelques secondes, les rôles ont changé. Sur le point d'égaliser dans la série, Boston a perdu le titre. Proche de s'incliner, Chicago a soulevé son sixième titre NHL. Suite à l'égalisation de Bickell, les Blackhawks ont pris l'ascendant psychologique face aux Bruins. Les hommes de Quenneville ont voulu cherché la victoire au lieu de se contenter d'une prolongation. Le but victorieux de Dave Bolland est l'exemple de la domination temporelle des Blackhawks. Confiant, Chicago a maîtrisé le temps et les évènements dès la reprise du jeu.


L'égalisation a influencé sur les intentions de jeu des deux équipes. Chicago a agressé Boston qui a perdu son avance au scoring. Totalement déboussolés, les Bruins ont montré de la fébrilité sur le but de Bolland. Ils ont manqué d'engagement physique. Possédant le momentum, les Blackhawks ont pris le contrôle du temps. En croyant à la victoire, ils ont dominé les Bruins grâce à leur force de caractère.


Dans les dernières secondes, l'envie a été très remarquée chez les hommes de Joël Quenneville à l'image du but du titre à 58 secondes de la fin du match. Ils ont provoqué de nombreux contres favorables pour faire circuler le palet vers la cage de Tukka Rask. Dave Bolland a inscrit un but de renard des surfaces (Inzaghi) en reprenant un tir lointain de Johnny Oduya, dévié sur le poteau par Micheal Frolik. 17 secondes ont suffi pour Chicago face à Boston qui n'a pas eu le temps de se remettre des deux buts inscrits.


3) Ceux qui sont faibles et qui mènent :



Exploit historique des Pumas lors du Rugby Championship 2020 ! Dans un contexte pandémique, les Argentins ont mis toutes leur énergie sur le terrain pour faire tomber les All-Blacks, maître absolu du rugby. Depuis son intégration du Rugby Championship (anciennement Tri Nation), l'Albiceste n'a vraiment pas montré sa légitimité aux côtés de l'Afrique du Sud, de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande. Lors du 14 novembre 2020, les All-Blacks ont été quand même pris au piège face aux Pumas.


Les 20 premières minutes, la Nouvelle-Zélande s'est distingué par son indiscipline avec de nombreuses fautes de main et des pénalités subies. Les Pumas ont en profité grâce à leur homme du match, Nicolas Sanchez. Ouvrant le score après une faute de ruck des All-Blacks, le demi d'ouverture a entamé son festival avec une pénalité de 50 mètres réussie (5'). Voyant l'adversaire dans un mauvais, le joueur argentin a osé des choses pour faire la différence. D'ailleurs, il a inscrit un très bel essai avec un coup de pied par dessus pour mettre en échec la défense néo-zélandaise (19'). Sanchez ne s'arrête pas !


25 points pour Argentine, tous marqués par Nicolas Sanchez. Le joueur a enchaîné 6 pénalités réussies et une transformation sur l'unique essai de l'Abiceleste. Néanmoins, la victoire contre les All Blacks, a résidé sur la capacité à résister à un éventuel retour de l'adversaire. Mené sur le score de 3 à 19 à la 48e minute, la Nouvelle-Zélande a retrouvé son jeu de domination et a commencé à passer son temps dans le camp argentin en seconde période. Malgré sa possession de balle, la formation a éprouvé des difficultés pour inscrire des points face à une équipe coriace.


Les Pumas ont eu les crocs pour défendre leur zone. En meilleure forme contre les All Blacks, les Argentins de Mario Ledesma n'ont jamais eu l'impression de craquer face à un éventuel retour de l'adversaire. Ils ont eu la maîtrise du temps en raison de la maladresse des All Blacks très sanctionnés dans cette rencontre. À chaque faute des Néo-Zélandais, les Argentins, dominateurs au score, prennent le contrôle du temps et voient le chronomètre s'écouler en leur faveur. Le triple champion du monde a été très nerveux en courant après le score et n'a pas réussi à inscrire que deux essais : Sam Cane et Caleb Clarke. Insuffisant pour combler le retard au score.


La Nouvelle-Zélande a été largement soumis par la gestion des Argentins. Sous pression et même acculé dans leur camp, l'Albiceste a été réaliste aux points et était très impliqué défensivement. Outsider dans cette rencontre, les Pumas ont créé la véritable sensation pour dompter la nation dominante de la discipline. Ce coup d'éclat a permis à la nation argentine de rivaliser avec les autres équipes. Les Pumas ont fini à la deuxième place du Rugby Championship avec 2 nuls et 1 défaite en 4 rencontres.


4) Ceux qui sont faibles et qui sont menés :



Entre craquage mental et un retour des enfers. Le miracle de Tara Moore s'est produit lors du tournoi ITF à Sunderland, en avril 2019. La Française Jessika Pouchet classée vers la 200e place mondiale affrontait Moore, positionné au-delà de la 400e place. Au regard du potentiel des joueuses, la Française était largement favorite. D'ailleurs, la première partie du match est à sens unique.


Logiquement, Pouchet a pris l'ascendant très rapidement contre Moore. La Française a déroulé le premier set (6-0). Elle a continué sur sa lancée en menant 5-0. À partir de ce moment-là, on a observé un basculement du momentum. La Français se rapprochait d'une victoire facile. Cependant, elle a perdu pied dans le match en raison de son manque d'opportunisme et sa gestion de son mental.


Opportuniste à cause des balles de match. Jessika Pouchet a manqué la chance de conclure à deux reprises le match. Elle aurait pu conclure sa démonstration face à une Tara Moore sans solution. Mais cette dernière va trouver des ressources enfouis pour enfin exister dans cette rencontre avec le sauvetage de 2 balles match. Contre toute attente, Jessika Pouchet se fera dominer dans la deuxième partie de la confrontation.


Mental dû à l'acceptation de la défaite. La Française pouvait se persuader qu'elle pouvait avoir d'autres occasions de gagner au vu de l'écart. Cependant, elle va complétement craquer face au retour foudroyant de Tara Moore qui va enchaîner les points jusqu'à égaliser et prendre les devants dans ce deuxième set (5-5). À 5-2, l'Étasunien a dû s'employer pour rester encore dans la partie avec de nombreuses égalités. Possédant le momentum, Moore a mis à mal temporellement son adversaire qui a sans doute perçu le temps long par rapport à son jeu déclinant. Même si Pouchet a eu la force d'arracher un jeu pour aller au tie-break, Moore a glané la seconde manche pour égaliser dans cette confrontation (7-6 [8-7]).


Dans le troisième set, Moore a fait la loi en tête sur le score de 6 jeux à 3. Une rencontre très perturbante pour Jessika Pouchet qui a dû diriger longtemps le match exceptionnel au sens proche ou au figuré. Jessika Pouchet a perdu ses repères et a vu le temps filer entre ses doigts en faveur de Tara Moore qui a cru à la victoire bien qu'un premier set largement perdu. Le moment des 2 balles de match a été important dans le déroulement des évènements Perdre un match, c'est dur. S'incliner dans une confrontation imperdable, c'est dur de s'en remettre. Le temps est le remède adéquat pour oublier ce mauvais souvenir.

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